C'est plutôt bon

Broadway- Fabrice Caro

« C’est peut-être la meilleure philosophie de vie à adopter, n’espère rien et tu seras exaucé : tu n’auras rien »

Axel, quarante-six ans, a pas mal de soucis : il est convoqué au collège où son fils de quatorze ans a commis un dessin mettant en scène deux professeurs en train de copuler. Va falloir discuter sexualité avec le fiston et cela Axel en est tout bonnement incapable. Sa fille qui vient de se faire plaquer pour une autre lui demande d’allumer des cierges et de faire des voeux pour qu’il arrive malheur à sa rivale… il y a aussi cet apéro mensuel avec le voisin auquel il est impossible de se soustraire (ne lui demandez pas pourquoi, c’est impossible c’est tout) un projet de séjour à Biarritz pour faire du paddle qui lui fait tout bonnement horreur (il va devoir s’y coller, il ne sait pas dire non, Axel…)

Et puis arrive ce courrier de l’assurance maladie, dans sa belle enveloppe bleue qui lui signifie qu’il est temps pour lui de se faire dépister un éventuel cancer colorectal… Grosse angoisse : Axel n’a pas encore l’âge, le dépistage n’est-il pas obligatoire ( ou en tout cas fortement recommandé) à partir de cinquante ans?

« Les névroses du pauvre Axel « aurait pu être l’autre titre de ce roman…

J’adore Fabcaro : quand le moral est moyen et que le monde va mal, son humour désenchanté, son sens de l’absurde impayable sont des remèdes qui fonctionnement bien mieux que les cachetons chez moi. Ses BD me tuent, j’avais adoré son précédent roman « Le Discours » (non mais ce livre, ce livre !) et j’étais bien contente de savoir que « Broadway » m’attendait au chaud (acheté quasiment le jour de sa sortie). En gros, Fabcaro je l’aime et j’en ai besoin. C’est mon gros doudou, ma barre de rire hivernale (estivale aussi, automnale etc…)

Alors… Je lui conserve mon amour même si j’ai été moyennement emballée par ce dernier roman, ça me chagrine de le dire mais je me dois d’être honnête. Bien sûr, ce « Broadway » amusant, plutôt tendre et désespéré, se lit avec plaisir, (je trouve que Fabcaro écrit bien, il a l’écriture facile, dans le bon sens du terme, ça glisse, il a une plume légère qui fait son effet et le sens de la formule, de la phrase qui fait mouche… ) on sourit pas mal, mais je ne sais pas pourquoi, il m’a manqué quelque chose.

Enfin si je sais, rien de neuf. C’est Fabcaro qui fait du Fabcaro… en un peu moins bien. Les ficelles sont les mêmes que dans « Le discours » : personnage mal dans sa peau, difficultés à vivre sa vie etc, délires gentiment névrotiques… J’aime, j’aime toujours, mais on sent un peu l’usure. Les ficelles fabcariennes, à force de tirer dessus… on dirait qu’elles s’effilochent.

Bon, Fabcaro comme les autres, a le droit d’être un peu moins performant de temps en temps (quel vilain mot). Ce n’est pas bien grave. Je lui pardonne ce petit faux pas. On pardonne tout à ceux qu’on aime. Et lui je l’aime.

« Tout porte à croire que l’on peut traverser la vie en expert d’à peu près n’importe quoi en se contentant de petits mmmhhh pénétrés accompagnés de sourcils froncés. »

11 réflexions au sujet de « Broadway- Fabrice Caro »

  1. Je l’ai trouvé sympathique à son passage à la Grande Librairie, mais comme j’ai abandonné « Zaï zaï zaï » qui ne me faisait ni chaud ni froid, je ne suis pas sûre d’adhérer davantage à ses romans.

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  2. Je m’étonne d’être, pour une fois, « bon public ». Effectivement, on y retrouve tous les thèmes chers à Fabcaro mais je l’ai trouvé au moins aussi bien que Le Discours et je me suis vraiment régalé (de toute façon, moi non plus, j’ai pas envie de faire de paddle)

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    1. Comme je le disais Fabcaro et moi c’est une love story qui n’est pas prête de s’arrêter mais tout de même je trouve Broadway moins bon que le discours … il m’a sans doute manqué l’effet de surprise … après ça reste bon puisque c’est Fab !!!!

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  3. Je n’ai pas aimé Le discours, je lui ai trouvé des qualités et des défauts. J’ai lu cet été beaucoup de BD de Fabcaro dont je n’ai pas chroniqué la lecture par flemme. Fabcaro est un auteur irrégulier qui doit à chaque fois juguler son côté excessif. Parfois il y arrive très bien et la portée de son écrit est impeccable, parfois c’est too much, inopérant et cela part dans tous les sens. Donc, avec ta réserve sur Broadway et ta qualité de fan absolue de cet auteur, je sais que Broadway n’est pas pour moi.

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