C'est très bon

Pietra viva- Léonor de Récondo 3/21

« Il a assez d’esprit pour savoir que refuser la rencontre avec autrui, c’est s’appauvrir »

En 1505, Michelangelo fuit la douleur que lui cause la mort mystérieuse du jeune moine Andrea, dont la beauté le bouleversait. Le prétexte est tout trouvé : le pape Jules II lui a donné pour mission de choisir les marbres de son futur tombeau, il faut donc quitter Rome. Dans les carrières de Carrare, Michelangelo, ce grand artiste tourmenté, égocentrique, si difficile à apprivoiser, va peu à peu fendre l’armure, auprès des carriers, ces hommes rudes et simples, de Cavallino un fou attachant et surtout du petit Michele, qui vient de perdre sa mère et s’attache éperdument à lui…

Extrait de ma pile à lire, ce roman que je ne me souviens même pas d’avoir acheté (peut-être était-ce un cadeau…) est un bijou dont les mots ciselés sont faits pour être lus à voix haute (chouette, une version audio existe !) Quelle jolie langue, musicale et fluide possède Léonor de Recondo ! Je le savais déjà (Amours, Point cardinal, c’est très beau aussi) mais il se trouve que dans ce livre, l’harmonie entre l’écriture et son sujet est particulièrement réussie.

J’ai aimé que le personnage de Michelangelo, antipathique au possible au début du roman, évolue progressivement pour mettre à nu l’être sensible, l’enfant qu’il fut et qu’il retrouve au contact de Michele (la coïncidence de noms entre l’artiste et le petit garçon n’est sûrement pas un hasard, il pourrait être son double ) pour le sortir de la boîte ( ce qui ont lu le livre comprendront…) et le sublimer à travers son art. C’est joliment écrit, sensuel et délicat.

Un travail d’orfèvre ou de sculptrice dont je recommande vivement la lecture.

« Les tailleurs de pierre riaient de voir cet enfant de la ville, si prompt à les suivre dans la poussière, s’y frotter avec autant de plaisir. Voyant que les adultes ne lui prêtaient pas volontiers leurs ciseaux, il commença à dessiner tout ce qu’il voyait. Et les tailleurs cessèrent de rire tant le talent de l’enfant dépassait l’entendement. Certains prétendirent même que le diable y était pour quelque chose. Mais Michelangelo ne les écoutait déjà plus. Un chemin lumineux et sanguin s’était ouvert en lui et il s’était promis de le suivre toute sa vie. »

Je diminue (très légèrement, on va pas se mentir) ma pile à lire :), d’après une idée de Moka

4 réflexions au sujet de « Pietra viva- Léonor de Récondo 3/21 »

  1. Je l’ai lu à la suite du roman de Mathias Enard (Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants) dont Michel-Ange est également au cœur, et cela a été aux dépens du texte de Leonor de Recondo, même si j’ai apprécié l’écriture riche et poétique de ce dernier. J’ai trouvé plus intéressante la démarche d’Enard, qui à partir de son sujet se laisse aller à une certaine fantasmagorie qui étoffe son texte, quand Leonor de Recondo, en essayant de faire de l’artiste un personnage palpable, verse parfois un peu trop dans le sentimentalisme.
    Mais cela reste un beau roman, c’est vrai.

    Aimé par 1 personne

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