pour le dire vite

Quelques chroniques… en accéléré : le retour

Je devrais en faire plus souvent, des chroniques en accéléré. J’ai beaucoup lu ces derniers temps, des livres imposés pour le boulot pour la plupart (littérature jeunesse ou semi-jeunesse). Il y a tout de même quelques bouquins que je m’en voudrais de laisser filer sans en dire un mot alors j’en parle vite fait, même si je ne les ai pas aimés ou pas terminés (Comme ça vous êtes prévenus…)

Je commence par Love me tender, par Constance Debré.

Constance, avocate, issue de la grande bourgeoisie, mariée, un enfant, décide un jour de tout plaquer pour vivre librement sa vie sexuelle (elle est homosexuelle) et se débarrasser de toute entrave : travailler, assumer une vie de famille, élever un enfant, l’aimer. Elle s’interroge dès le début du livre sur cette injonction à aimer sa progéniture et ça fait sursauter.

L’ex-mari semble plutôt compréhensif. Puis soudain plus du tout. S’ensuit une longue bataille pour avoir le droit de voir son fils qui l’aime et brusquement la rejette (manipulé par son père, sans doute). Et le renoncement final de Constance parce qu’il n’y a pas « trente six solutions. » Un livre qui m’a fait grincer des dents. L’égoïsme de la narratrice m’a révoltée. Elle m’a fait de la peine, aussi. J’ai navigué entre deux eaux tout au long de ma lecture. Les nombreuses scènes de sexe où les femmes, partenaires de Constance, sont utilisées comme des objets et jamais nommées (« la mince », « la jeune »…) sont épuisantes.

Un sac de billes, par Joseph Joffo.

Lecture imposée mais que j’ai beaucoup aimée. J’étais passée à côté de ce classique qui raconte l’histoire du petit Joseph et de son frère Maurice, deux petits juifs parisiens obligés de porter l’étoile jaune, puis de fuir en zone libre pour sauver leur peau. Nous sommes en 1940. La France est occupée par les allemands. Joseph est un gamin de dix ans, dégourdi, plein de vie et d’insouciance. La guerre lui semblait jusque là bien lointaine, mais l’horreur est en marche. Le récit est haletant, très touchant, écrit d’une plume alerte. Les 400 pages se lisent presque d’une traite. J’espère que l’élève qui a choisi ce livre et que je suis censée interroger demain a aimé et en aura tiré quelque chose.

Un secret, par Philippe Grimbert

Je ne dirai rien, bien sûr, du secret au coeur de ce beau roman, mais tout de même en quelques mots : la famille Grimbert vit paisiblement, dans le Paris de l’après-guerre. Les parents, Maxime et Tania, sont sportifs et athlétiques, au contraire de leur fils Philippe, malingre et de santé fragile. Le petit garçon, aux résultats scolaires excellents, à l’imagination très vive, se plaît  à imaginer la première rencontre de ses parents dont il ignore tout et s’est inventé un frère aîné, grand, beau, fort et sûr de lui. Tout son contraire. Lorsqu’il a quinze ans, Louise, une vieille voisine et amie de la famille, va lui révéler le bouleversant secret familial.

J’avais envie de lire ce bouquin depuis longtemps et voilà c’est fait, par la grâce des lectures imposées ^^. J’ai beaucoup aimé. C’est admirablement écrit, ça parle d’amour, de guerre, avec une infinie pudeur. Ce roman parle aussi du corps où se tapit le secret, ce corps qui ne pourra s’épanouir qu’une fois libéré du fardeau de l’ignorance. « Un secret »est un livre important sur les souffrances de la deuxième guerre mondiale, pour ceux qui l’ont vécue dans leur chair mais aussi ceux d’après.

Ce crime est à moi, par Philippe Ridet

Dans une petite ville de province (anonyme), la piscine sera le théâtre d’un crime. Le jeune maître nageur va être abattu par sa petite amie, qui sent qu’il lui échappe. L’auteur, 19 ans, fréquente la piscine et connaît les protagonistes. Il s’approprie le meurtre. Sa vie en sera bouleversée.

J’attendais beaucoup de cette lecture et la déception a été à la hauteur de mes attentes. Je me suis rarement autant ennuyée, rien ne m’a permis d’accrocher, ni l’écriture toute plate, ni l’histoire, toute molle. A quoi bon poursuivre? Au bout de 60 pages lues par petits bouts, avec force soupirs, j’ai jeté le bonnet de bain et la serviette dans l’eau de la piscine et m’en suis allée sans me retourner, évitant ainsi la noyade.

L’Anomalie, par Hervé Le Tellier

Le meilleur (ou le pire) pour la fin. Je ne vais pas essayer de résumer ce roman, il est irrésumable. Il y a des personnages, nombreux, un avion, une entourloupe spatio-temporelle que je n’ai absolument pas vue. Je n’ai rien compris à ce livre, rien aimé. Ce Prix Goncourt (!) restera pour moi un total supplice de lecture. Non, je n’exagère pas. J’ai d’ailleurs mis fin à la séance de torture après avoir essayé vainement de retrouver le moment de la fameuse faille, qu’une amie, appelée à l’aide » Au secours je comprends rien ! Bouge pas, j’arrive… » m’a signalée.

Perdue. J’étais perdue, à m’en filer mal au crâne. Ce bouquin m’a carrément stressée.

Je n’ai rien contre Hervé Le Tellier, je précise. J’ai bien aimé « Toutes les familles heureuses » et je trouve ce monsieur infiniment intéressant et sympathique. Mais cette anomalie là n’était visiblement pas pour moi.

Et voilà, c’est tout. Je reviens bientôt avec une vraie chronique. J’ai enfin commencé « Bellissima » de Simonetta Greggio.

 

 

 

 

31 réflexions au sujet de « Quelques chroniques… en accéléré : le retour »

  1. J’avais lu (et aimé) « un sac de billes » à sa sortie. J’ai apprécié également le secret. Moins le film qui en a été tiré, mais c’est souvent le cas. Je suis tentée (mollement) de lire Constance Debré, par pure curiosité. Elle passe un peu partout en ce moment pour son dernier livre où elle a l’air de se radicaliser encore plus. Je ne comprends rien au résumé (du dernier). Je ris en voyant ton supplice de lecture de « l’anomalie ». J’ai bien aimé moi aussi « toutes les familles sont heureuses » mais je sens que l’anomalie n’est pas pour moi.

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  2. C’est très rare que je quitte un livre avant de l’avoir terminé mais parfois, c’est indispensable. Heureusement que les belles rencontres effacent les mauvaises. Je suis contente d’avoir enfin eu quelques instants pour faire un p’tit tour chez toi. Je te souhaite une bonne semaine ma belle! Gros bisous

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  3. Je ne fais jamais de billet sur mes lectures abandonnées, mais j’aime quand les autres le font. Ceci dit, j’ai aimé L’anomalie, sans écrire de billet, et maintenant, je serais bien en peine de le raconter. Quant à Constance Debré, aucun risque que je la lise, ces gens qui n’écrivent que sur eux-mêmes, pfff…

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  4. J’ai écouté la lecture de l’Anamolie et bof bof….. Comme toi je n’ai pas vu toutes les subtilités dont on nous parle, les liens, j’ai mélangé les personnages enfin bref moi l’avion de l’intérêt n’a pas décollé…. Comme Kathel je ne suis pas très intéressée par les romans nombrilistes et qui se veulent en plus attirer l’intérêt par un côté scandaleux…. Les livres abandonnés ne sont mentionnés désormais que dans mon bilan mensuel avec quelques lignes sur les raisons de mon abandon 🙂

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  5. Le livre de Constance Debré ne me tente pas, parce qe je me disais que j’allais ressentir ce que tu décris. Je l’ai entendue en interview et cela ne m’a pas plus convaincue…
    j’ai lu Un sac de billes dans ma vingtaine, je n’en garde pas de souvenir particulier, mais j’ai bien aimé l’adaptation qui en avait été faite il y a quelques années, avec Bruel je crois.
    Je n’ai lu aucun des autres livres que tu cites, même si j’ai vu l’adaptation de Un secret, qui si je me souviens bien ne m’avait pas emballée plus que cela. De l’auteur j’avais lu La petite fille de monsieur Linh qui m’avait énormément déçue…

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  6. J’ai lu l’anomalie et j’ai adoré de chez adoré. J’ai beau6aime Un secret aussi, un livre d’une grande pudeur et d’une aussi grande classe. Je devrais lire Le sac de billes. Je confirme pour La petite fille de M Linh qui est un roman magnifique de chez magnifique de Philippe Claudel.

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  7. J’aime faire découvrir Un secret à mes élèves. Quant à Constance Debré… j’ai fait découvrir ses romans à une de mes amies (je ne sais pas trop ce qui m’est passé par la tête ce jour-là, parce que je n’étais pas très fan). Bilan : elle est devenue une fan absolue de cette autrice.

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      1. Le pire, c’est que je ne me souviens même pas pourquoi je lui ai recommandé ce livre (mis à part le fait que c’était une autrice ouvertement lesbienne ?). Non, parce que, quand je recommande Un secret, au moins, je me souviens pourquoi !!!

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