C'est très bon

Le vieil homme et la mer- Ernest Hemingway

 

 

« L’homme n’est pas fait pour être vaincu, dit-il. L’homme peut-être détruit mais pas vaincu ».

 

Santiago, un vieux pêcheur cubain, n’a plus rien attrapé dans ses filets depuis des mois. Il décide de prendre la mer en solitaire, laissant à terre son jeune ami Manolin, dont il est le mentor et à qui il a appris à pêcher. Santiago parvient à ferrer un poisson, une bestiole énorme qui a tout l’air d’un espadon ou d’un marlin. Le poisson entraîne la barque de Santiago. Entre le pêcheur aux mains meurtries et le poisson, aussi déterminés et courageux l’un que l’autre, un lutte acharnée s’engage.

L’homme saura faire faire preuve d’humilité face à l’animal, d’une résistance à toute épreuve, dont la pugnacité force le respect.

Qu’il est difficile de résumer ce livre -c’est un peu le problème des classiques en général et de celui-ci en particulier- sans rabâcher ce qui a été dit partout et mille fois : Santiago remporte son combat contre le poisson mais son échec est malgré tout cuisant, le combat est celui d’un homme seul face aux éléments, d’un homme contre lui-même (Santiago ne lutte pas seulement contre un poisson, mais aussi contre son vieux corps fatigué, contre ses mains blessées qui ne lui obéissent plus)… pour ce qui concerne l’interprétation symbolique, tout a été dit aussi, je ne vais donc pas m’attarder. Je crois que ma chronique n’apportera pas grand chose à l’édifice théorique.

J’ai toujours eu un peu de mal avec l’écriture lapidaire d’Hemingway, et je n’avais jamais approché « Le vieil homme et la mer », pourtant classique de chez classique. J’ai donc commencé cette lecture avec beaucoup de prudence. J’étais presque sûre de ne pas aimer. Vous devez vous demander pourquoi je lis des livres dont je suis certaine qu’ils vont me tomber des mains. Je ne suis pas maso, mais perpétuellement en quête d’une bonne surprise. Le plaisir de lire, il est là-dedans, on n’attend rien ou pas grand chose et parfois, on a tout.

Le choix de celui-ci a aussi été guidé par le merveilleux souvenir des » Travailleurs de la mer » de Victor Hugo. Seul le manque de temps m’a fait renoncer à relire ce chef-d’oeuvre pour le challenge classique de ce mois de juillet. J’espérais retrouver dans le vieil homme d’Hemingway quelque chose du Gilliatt de mon adolescence. Et il y a un peu de ça, un tout petit peu. Mais là où Hugo se montrait volontiers grandiose et grandiloquent, excessif et invraisemblable (le fameux combat entre l’ombre et la lumière, entre l’homme et l’océan, entre l’humain et la pieuvre, c’est tellement magnifique, quel livre, mes amis !) Hemingway nous parle avec pudeur et peu de mots d’un pauvre vieux qui a dû mal à remuer les doigts, qui aimerait être allongé sur son pauvre matelas de journaux, qui aurait bien voulu ne pas être là où il est – tout le long du roman, il se parle à lui même, il rêve de lions ou qu’il écoute un match de base-ball à la radio, il pense à son ami Manolin- mais puisqu’il y est, il entend lutter de toutes ses forces. Pas seulement contre ce gros poisson qui l’entraîne loin des côtes, mais aussi contre la faim, le froid, les requins, la mer, la nuit…

Alors oui, il y a du Hugo chez Hemingway et du Gilliatt dans Santiago. Le combat du vieil homme a tout d’héroïque et sa victoire sera hélas, vaine, tout comme celle de Gilliatt.

Comme je l’écrivais plus haut, j’ai entamé ce livre sans enthousiasme et finalement, je n’ai pas du tout regretté mon choix. Ce fut une belle lecture. Et comme j’ai lu ce roman un peu vite (il fait seulement 150 pages et est même parfois qualifié de grosse nouvelle) je vais prendre le temps de le relire et m’attarder un peu. Peut-être que je complèterai ce billet. Ou pas. Je suis en vacances, la mer m’appelle 😉

« Il appelait l’océan la mar, qui est le nom que les gens lui donnent en espagnol quand ils l’aiment. On le couvre aussi d’injures parfois, mais cela est toujours mis au féminin, comme s’il s’agissait d’une femme. Quelques pêcheurs parmi les plus jeunes, ceux qui emploient des bouées en guise de flotteurs pour leurs lignes et qui ont des bateaux à moteur, achetés à l’époque où les foies de requin se vendaient très cher, parlent de l’océan en disant el mar, qui est masculin. lls en font un adversaire, un lieu, même un ennemi. Mais pour le vieux. l’océan c’ était toujours la mar, quelque chose qui dispense ou refuse de grandes faveurs ; et si la mar se conduit comme une folle, c’est parce qu’ elle ne peut faire autrement : la lune la tourneboule comme une femme. » 

 

« Les classiques -maritimes ou océaniques- c’est fantastique, saison 3 » sont à retrouver chez Fanny et Moka 

 

 

 

 

27 réflexions au sujet de « Le vieil homme et la mer- Ernest Hemingway »

  1. Si je le connais évidemment de nom, j’ignorais totalement qu’il était aussi court ! Je m’imaginais un pavé… Ta chronique me donne envie de le lire, mais elle me donne surtout très envie de lire Les travailleurs de la mer ! Parce que Hugo et parce que ce que tu laisses échapper donne à penser à une nouvelle rencontre avec un bouquin extraordinaire !
    Bonnes vacances !

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      1. Ce sont de très beaux livres, mon cœur penche tout de même pour Les Travailleurs, même si Gwynplaine m’a fortement et durablement émue ( ça date de mes années fac, lointaines aujourd’hui…) Hugo ne déçoit jamais. Je le porte dans mon cœur ❤️❤️❤️❤️

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  2. Une pépite que j’ai découverte quand j’étais au collège et que j’ai souvent relue quand j’étais jeune. Ce livre me touchait beaucoup. Je l’ai relu il y a peu de temps justement pour retrouver ce qui m’avait émue petite. Gros bisous ma belle

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  3. C’est un roman que j’ai beaucoup aimé et comme toi je partais un peu méfiante pour mon premier Hemingway ! Et puis, j’ai aussi beaucoup aimé l’adaptation de Thierry Murat en BD. Il a su saisir toute cette atmosphère si bien dépeinte dans le roman. Merci pour ta participation que je lis tardivement… C’est un excellent choix.

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