C'est plutôt bon

Dessous les roses- Olivier Adam

 

« C’est le problème avec les mots. On croit qu’ils vont nous rapprocher. Gommer le malentendu. Mais ils ne cessent de souffler sur les braises au contraire ».

Deux frères, une soeur, se retrouvent autour de leur mère, à l’occasion des funérailles du père, dans la maison familiale. Paul est cinéaste et dramaturge, Claire est infirmière et son couple est en crise. Antoine, le plus jeune de la fratrie, est impulsif et plein de rancune vis-à-vis de son frère aîné qu’il accuse de piller leur vie pour l’utiliser comme matière de ses films. La rupture avec le père, consommée des années plus tôt, a éloigné Paul des siens plus que jamais…

Ce huis-clos est séduisant de prime abord et puis moi, j’adore les huis-clos et les histoires de famille, je partais donc avec un a priori positif sur ce dernier roman d’Olivier Adam. Je ne vous reparle pas de mon affection pour l’auteur, cet ours tendre plein de cicatrices. Je l’aime vraiment beaucoup. Je l’ai dit et rabâché mais c’est encore un point qui me donnait envie de lire ce livre, cette tendresse que je lui porte.

Le roman est construit comme une pièce de théâtre – sans en être une, c’est bien d’un roman dont il s’agit- où chaque acte est pris en charge par un membre de la fratrie. Les échanges sont nombreux, l’intrigue est mince mais elle progresse néanmoins d’acte en acte jusqu’à la surprise finale,- dont je me suis demandé ce qu’elle apportait au récit-  mais il sûr qu’on est davantage dans une tragi-comédie familiale où sont disséqués les rapports entre les membres d’une même famille, dont l’un est un transfuge de classe, que dans un roman à suspense. On entend beaucoup l’auteur derrière les discours coléreux d’Antoine, par exemple. C’est parfois un peu trop écrit, trop pensé, je trouve, même si la langue reste fluide, les phrases courtes, nerveuses. Ces moments où les personnages s’épanchent m’ont déconcertée et paru légèrement dissonants.

Et aussi… j’ai cherché tout au long du roman ces phrases qui d’ordinaire me vrillent le coeur, ces saillies dont Olivier Adam a le secret, qui font que j’aime tant le lire et me font dire à haute voix « put… c’est beau… » Je n’en ai trouvé aucune. C’est Olivier Adam, bien sûr, mais fatigué, comme édulcoré, en surface des mots et de l’histoire qu’il raconte. On l’a connu tellement plus rageur, plus écorché. Je suis un peu déçue, le cru « adamesque » 2022 est sympathique, mais il est certain que je l’oublierai très vite.

« Ce qui m’embête, c’est qu’après tant de films et de pièces à ressasser toujours les mêmes choses, à remettre de l’huile sur le feu, tu n’as pas l’air d’aller mieux. C’est même de pire en pire. Tu es de plus en plus torturé, amer, blessé, on dirait. Et je me demande pourquoi tu t’acharnes comme ça. Parce que l’impression que tout ça me laisse, c’est que faire des films et monter des pièces, ça ne te rend pas heureux ».

Nb : je ne suis pas convaincue du tout par la couverture…

6 réflexions au sujet de « Dessous les roses- Olivier Adam »

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