pour le dire vite

Quelques lectures récentes… en accéléré

Je lis mais j’ai du mal à me poser pour écrire une longue chronique détaillée de chaque roman qui me passe entre les mains. Ce sera donc du vite fait, encore une fois.

Quand tu écouteras cette chanson- Lola Lafon

L’écrivaine Lola Lafon choisit de passer une nuit à Amsterdam, dans l’Annexe où Anne Frank et sa famille ont vécu cachés pendant deux ans avant d’être dénoncés et déportés. Cette « nuit au musée » répond à une commande (collection « La nuit au musée »). Une nuit qui sera éprouvante et un choix qui pourrait étonner, Lola Lafon expliquant avec beaucoup de sincérité ses rapports compliqués avec le judaïsme et la Shoah, tenus longtemps à distance, l’autrice étant elle-même issue d’une famille de survivants. Cette nuit dans un lieu chargé de souffrances et d’Histoire est d’abord et avant tout l’occasion d’évoquer Anne Frank. Victime de l’horreur absolue, son destin tragique a été soigneusement gommé pour les besoins du cinéma et du théâtre (vraiment trop triste, ça vend pas du rêve, la fin d’Anne Frank !) voire carrément nié. Son père, seul rescapé, a dû se battre jusqu’à son dernier souffle pour que les ignobles soupçons de la non existence de sa fille et de l’authenticité du fameux journal soient balayés.

J’ai eu l’impression de tenir entre les mains un très grand et beau récit ( le meilleur bouquin français de la rentrée littéraire à ce jour pour moi) qui fait non seulement revivre la jeune fille insolente et vive que fut Anne Frank, mais l’écrivaine en devenir dont nous lisons le journal encore aujourd’hui, la gorge serrée. Il est aussi l’occasion, pour Lola Lafon, de se confronter à ses propres fantômes et elle le fait avec grâce, délicatesse et subtilité.

Magnifique.

Appartement 816- Olivier Bordaçarre

« Nous avons l’exemple de la Chine. Suivons-le ! ».

On est en 2030 et Didier Martin, comptable, sa femme, son fils, son chien, comme le reste de la population, vivent un perpétuel confinement, alternant confinement partiel, total, semi-partiel tandis qu’un mystérieux virus et ses variants font rage. Les courses sont désormais livrées par drone, l’ouverture des fenêtres se fait à des heures précises et les contrevenants risquent de lourdes peines. Didier Martin semble être un homme paisible. Soucieux de bien faire, il respecte à la lettre les directives gouvernementales et sa seule lubie semble être l’écriture. En effet, Didier écrit partout, même sur les murs…

Une lubie de doux dingue puis peu à peu, on bascule vers la folie la plus monstrueuse.

Je suis très déçue car je m’attendais à quelque chose de noir et drôle. Ce livre est en effet très noir mais ne fait pas sourire le moins du monde. On est dans la  totale glauque attitude et je n’ai pas pu m’empêcher de faire un lien avec la terrible actualité des dernières semaines. Effet repoussoir, sans doute. Enfin, l’ensemble est très attendu : je suis peut-être une lectrice terriblement maligne mais j’ai tout deviné, presque tout de suite. Sans surprise donc, très moche, avec une fin elle aussi tellement prévisible qu’on en est surpris !

Heureusement que c’est court.

Confessions d’un gang de filles- Joyce Carol Oates

Aux Etats Unis, dans les années 50, un groupe de filles, malmenées par la vie, se réunit en un gang baptisé « Foxfire ». Leur leader est la charismatique Legs, leurs ennemis : les hommes. Ces hommes qui les violent, les maltraitent, les humilient. Foxfire sera sans pitié pour eux. Et ça risque de mal finir.

Ouh, voilà du noir de chez noir. Attention âmes sensibles, abstenez-vous. Le récit est raconté par Maddy « Monkey » qui a fait partie de Foxfire, a aimé et admiré Legs de tout son coeur et a consigné les moments forts de l’existence du gang dans un carnet qu’elle nous livre, bien des années après la fin de Foxfire. En écrivaine bien tordue et géniale qu’elle est, Joyce Carol Oates nous perd en passant du « elle » au « je » (qui raconte? Mais qui???) joue sur les temporalités, donne de la voix à ces terribles filles que j’ai eu du mal à trouver attachantes, il faut le reconnaître. C’est là où le roman pêche, peut-être. Tout au long de ma lecture, je me suis soigneusement tenue à distance de ces filles tellement dures, tellement bousculées par l’existence qu’elles en perdent la raison. Sinon la construction du roman est impeccable, la montée en puissance du gang et de la violence (on commence par taguer des voitures et puis…) magistrale.

Voilà…

Si vous avez des coups de coeur, rentrée littéraire ou pas, je suis preneuse. Je vais commencer ce soir un Nick Hornby qui va me reposer la tête, j’espère. Je vous raconte ma vie mais j’ai  une sorte de grippe, mon fils l’a eue et mon mari c’est moyen. Vivent les vacances 🙂

23 réflexions au sujet de « Quelques lectures récentes… en accéléré »

  1. Mais, tu es en vacances !! Avec cette chaleur, bcp, dont moi, sont enrhumés ou un peu plus.
    Je me demande si je ne vais pas finir par faire de l’express comme toi. Je lis maisq n’ai pas le courage d(‘en entamer les compte-rendus

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  2. Hello ! Après la lecture de ce billet, j’allais te conseiller de te plonger dans « Broadway » pour te détendre, mais je vois en consultant les archives de ton blog que c’est déjà fait. 🙂 Contrairement à toi, j’ai adoré « Broadway », qui m’a fait hurler de rire presque tout du long et que j’ai nettement préféré au précédent (« Le discours »). J’ai terminé « Samouraï » il y a peu, je l’ai trouvé moins bon que « Broadway » mais j’ai eu du plaisir à retrouver ce genre de personnage bien névrosé récurrent dans ses ouvrages.

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  3. Tes extraits dits express ont chacun la taille d’une chronique chez moi ! Ce que tu dis du livre deola Laffont est d’un tendre et d’une grande classe. J’aime Oates mais je n’ai pas trop envie de Noir c’est noir en ce moment.

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  4. Je vais lire le Lola Lafon tôt ou tard ; je viens de terminer un livre sympa « Tenir sa langue » de Polina Panassenko, mais pas encore de grand coup de coeur en cette rentrée littéraire. Bon rétablissement et bonnes vacances.

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  5. Décidément, le Lola Lafon est incontournable, je vais le proposer à la prochaine réunion de ma bibliothèque (si je n’en propose qu’un, ce sera celui-là !).
    J’ai lu trois bons romans de la rentrée, mon préféré reste Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea. Par contre, je n’ai pas pu lire Arpenter la nuit de Leila Mottley, dont on dit pourtant tant de bien : ni le style, in les personnages ne m’ont retenue.
    Bon rétablissement !

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  6. J’espère que cette vilaine grippe ne t’empêchera pas de lire …
    Plus je lis de billets sur ce titre de Lola Lafon, plus j’ai envie de le lire alors qu’au départ il ne m’attirait pas vraiment. Mais il a l’air vraiment bien, et puis j’ai visité la maison d’Anne Franck lors d’un séjour à Amsterdam..

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  7. J’espère que vous allez mieux. Pour quelqu’un de malade, tu as quand même réussi à nous mettre l’eau à la bouche. Le premier me tente bien. Gros, gros bisous ma Comète et des poussières de biscottes.

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  8. Bonsoir Une Comète, je note éventuellement le Lola Lafon. Je passe pour le second. Quant au troisième, je connais un peu l’histoire, j’avais vu l’adaptation cinéma par Laurent Cantet en 2013 avec des actrices anglo-saxonnes très bien mais pas connues du tout. Bonne soirée.

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