C'est très bon

Unorthodox- Deborah Feldman

Unorthodox

             « Se repentir est une tâche quotidienne »

Déborah est élevée par ses grands-parents dans la communauté hassidique Satmar, à Williamsburg, à New-York. Des années plus tôt, la mère de Déborah avait fui cette communauté, ne supportant plus cette dure existence faite de contraintes, de règles absolues dictées par les rabbins et qu’il n’est pas envisageable de transgresser, en particulier lorsqu’on est une femme. Déborah s’est toujours sentie à part, « différente » comme elle se définit elle-même. En cachette, elle dévore des livres « interdits », dont les héroïnes se battent pour être libres. Elle rêve d’une autre vie.

Très jeune, Déborah est mariée à un jeune homme de la même communauté et cette union ne sera pas heureuse. (Belle-famille omniprésente jusque dans la sphère la plus intime, incompatibilité sur tous les plans entre Déborah et son mari…)  Après bien des déboires, elle donnera naissance à un petit garçon. Cet événement sera le déclencheur d’une véritable et définitive émancipation. Déborah quitte la communauté avec son fils ,pour vivre enfin…

C’est grâce au billet d’Alex que j’ai découvert la biographie de Déborah Feldman, après avoir dévoré l’excellente mini-série  sur Netflix également intitulée « Unorthodox » (l’actrice principale y est bouleversante de justesse, cette série est à voir absolument !).  Comme dans la série, avec quelques variantes notables, il y est question de l’incroyable parcours de Déborah (Eltsy Shapiro dans la série) de son cheminement douloureux vers la libération (oui, on peut vraiment qualifier son départ de Satmar de libération…). Déborah Feldman nous fait pénétrer à l’intérieur d’une communauté où le refus d’être assimilé est prétendument une mesure de salut. L’Holocauste serait une punition divine infligée aux juifs qui se sont trop éloignés de Dieu… Edifiant.

Si l’écriture est très factuelle (et souffre d’une traduction alourdie par des fautes de grammaire…) le livre est tout à fait passionnant et se lit d’une traite. Le courage et la ténacité dont fait preuve Déborah pour s’éduquer (elle qui apprend si peu se révèle une autodidacte acharnée) s’affranchir des carcans familiaux et religieux, bâtir un avenir différent pour elle et son enfant, forcent l’admiration. Ce livre est aussi un témoignage très fort sur la condition des femmes qui sont les premières victimes, depuis toujours, des  intégrismes religieux de tous bords.

A la manière d’Alex, je retiens une image, celle de ces hommes brûlant les perruques de leurs femmes, fabriquées avec des cheveux indiens.

« Dans les apparences, je reste casher et je me vêts modestement, je feins de veiller soigneusement à être une femme hassidique dévote. Intérieurement, je désire fortement sortir du moule, renverser toutes les barrières qu’on a érigées pour m’empêcher de voir, de savoir, d’expérimenter. Ma vie est un exercice du secret, le plus grand étant mon vrai moi-même.« 

 

 

 

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