Bonnes nouvelles

Fendre l’armure -Anna Gavalda

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Mes seins et moi, on n’avait pas l’habitude de tant de gentilles manières »

Se dévoiler, révéler sa face cachée, se montrer tel que l’on est, dépouillé de sa carapace…

Des hommes et des femmes, malades de solitude,  profondément affectés par un deuil, minés par le chagrin, le manque de confiance, vont, au hasard d’une rencontre, amicale ou amoureuse, fendre l’armure et se réconcilier, peut-être, avec une existence qui les a mis à l’épreuve.

Je n’avais pas ouvert un livre d’Anna Gavalda depuis, oh… des années ( sa merveilleuse traduction de Stoner, le si beau roman de John Williams, est l’exception à cet abandon). A vrai dire, je n’aime pas tellement Gavalda la romancière, je trouve ses romans trop longs, faciles, trop dialogués, trop plein de discours gentillets et de bienveillance avec des étoiles plein les yeux. Non je n’aime pas. Donc je l’ai laissée tomber, sans remords.

En revanche, je garde un très joli souvenir de son recueil de nouvelles « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », tendre, empli d’émotions, (pas gnangnan dans mon souvenir) avec des personnages très justes et des chutes qui surprennent.

Je tournais autour de ce nouveau recueil  depuis sa sortie (ça date tout de même un peu) mais jamais le temps, pas l’envie suffisante… et c’est encore une fois un billet de Cuné qui a ressuscité cette envie. Le conf’ (ne prononcez plus ce mot devant moi, d’ailleurs je ne veux même plus l’écrire)  et une envie de textes courts ont été l’occasion de retrouver Anna Gavalda dans ce qu’elle sait faire le mieux, selon moi : écrire des nouvelles.

J’ai été plutôt enchantée de ma lecture. Je dis »plutôt » car je n’ai pas été sensible de la même façon à tous les textes, mais l’ensemble demeure très plaisant : Anna Gavalda esquisse des situations en quelques lignes, les hommes et les femmes mis en scène dans ces nouvelles sont touchants, très humains, ils vivent des drames (alcoolisme, séparations…) se méprennent, font des rencontres qui, même sans lendemain, les auront au moins aidés à fendre l’armure… (« La maquisarde »). J’avais oublié à quel point Anna Gavalda sait émouvoir, parler joliment d’amour, d’amitié, des relations entre les parents et les enfants, entre les humains et les animaux (« Mon chien va mourir »). Elle sait aussi surprendre (« Happy meal ») et j’ai beaucoup apprécié les quelques chutes bien amenées qui tendent à disparaître des nouvelles modernes aux fins plus ouvertes.

Gavalda manie aussi bien le langage familier qu’on lui a si souvent reproché d’utiliser, qu’une langue plus soutenue. Elle passe d’un registre à l’autre avec beaucoup d’aisance. Pour ma part j’ai particulièrement aimé « L’amour courtois » qui ouvre le recueil et adopte le parler plutôt vert d’une jeune fille en recherche d’amour.

On l’aura compris, ces nouvelles ne sont pas follement gaies mais paradoxalement, elles font du bien. Signe des temps peut-être, où le besoin de retrouver des humains au  travers des livres, faute de les croiser dans la vraie vie, s’est fait sentir de façon impérieuse. Les héros de Gavalda se parlent, s’embrassent, s’étreignent, se tiennent par la main, se disputent, mangent au fast food et prennent l’apéro (sans passer par Zoom)… Tout ce qu’on va pouvoir refaire à partir d’aujourd’hui après en avoir été privés pendant deux mois. J’ai envie de dire youpi… mais faudra attendre encore un peu pour les burgers et les gros bisous, tout de même 😦

« J’ai une collègue qui me tanne pour que je trouve l’amour sur Internet mais moi ça ne me dit trop rien. A chaque fois que j’ai commandé des trucs en me fiant aux photos, j’ai été déçue du résultat. »

 

 

 

 

 

 

 

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